Catégorie : Actualités comptables

Actualités et conseils en matière de comptabilité, fiscalité et gestion financière pour dirigeants et indépendants.

  • TVA : les erreurs les plus fréquentes des entreprises et comment les éviter

    La TVA est l’impôt le plus contrôlé par l’administration fiscale française. Avec plus de 200 milliards d’euros collectés chaque année, les enjeux sont considérables — et les redressements en matière de TVA sont parmi les plus fréquents lors des vérifications de comptabilité. Pourtant, la plupart des erreurs relevées sont évitables avec une bonne organisation et une connaissance des règles de base.

    Erreur n°1 : Appliquer le mauvais taux de TVA

    Le problème La France applique quatre taux de TVA : le taux normal (20 %), le taux intermédiaire (10 %), le taux réduit (5,5 %) et le taux super-réduit (2,1 %). Leur application dépend de la nature du bien ou du service — et les erreurs sont fréquentes, notamment dans la restauration, la construction, l’édition ou le secteur médical.

    Exemple courant : un restaurateur qui applique le taux de 10 % (repas à consommer sur place) à des ventes à emporter, qui relèvent normalement du même taux — mais qui applique 20 % sur les boissons alcoolisées. Un écart de taux peut sembler minime, mais sur un chiffre d’affaires important, les rappels peuvent être substantiels.

    La bonne pratique : tenir un paramétrage rigoureux de son logiciel de caisse ou de facturation, et le faire valider par son expert-comptable lors de chaque ajout de produit ou service.

    Erreur n°2 : Déduire la TVA sur des dépenses non éligibles

    Le problème Toutes les dépenses ne donnent pas droit à récupération de la TVA, même si une facture en fait mention. Les véhicules de tourisme (voitures particulières) sont exclus du droit à déduction. Les frais de repas sont récupérables mais soumis à conditions. Les cadeaux d’affaires dont la valeur unitaire dépasse 73 € TTC par an et par bénéficiaire ne sont pas déductibles.

    Les entrepreneurs individuels commettent souvent l’erreur de récupérer la TVA sur les achats mixtes (usage professionnel et privé) sans appliquer le prorata d’utilisation professionnelle réelle. Cette récupération excessive est régulièrement relevée lors des contrôles.

    Erreur n°3 : Ne pas respecter les délais de déclaration et de paiement

    Le problème Les entreprises soumises au régime réel normal déposent une déclaration CA3 chaque mois (ou trimestre si option). Le retard de dépôt entraîne une majoration de 10 % du montant dû, plus des intérêts de retard de 0,20 % par mois. En cas de mise en demeure non suivie d’effet, la majoration passe à 40 %.

    Les entreprises en forte croissance oublient parfois que le changement de régime (simplifié vers réel normal) peut survenir automatiquement dès que leur CA dépasse les seuils. Vérifiez chaque année que votre régime TVA correspond toujours à votre situation.

    Erreur n°4 : Omettre la TVA sur les prestations intracommunautaires

    Le problème Lorsqu’une entreprise française achète une prestation de service à un fournisseur établi dans un autre État membre de l’UE, elle est en principe redevable de la TVA en France via l’autoliquidation. Cette TVA doit figurer à la fois en TVA collectée et en TVA déductible sur la déclaration CA3. L’oubli de l’autoliquidation est très fréquent et constitue un chef de redressement systématiquement recherché par les vérificateurs.

    Même logique pour les services numériques achetés auprès de plateformes étrangères (logiciels SaaS, abonnements cloud, publicité digitale) : tous sont soumis à l’autoliquidation dès lors que le fournisseur est établi hors de France.

    Erreur n°5 : Facturer avec TVA des opérations exonérées

    Certaines activités sont exonérées de TVA de plein droit : professions médicales et paramédicales, certaines activités d’enseignement, opérations bancaires et d’assurance. Un prestataire médical qui facture la TVA à tort crée un problème pour son client (TVA non récupérable) et un risque de requalification pour lui-même.

    À l’inverse, les auto-entrepreneurs qui dépassent le seuil de franchise en base (91 900 € de CA pour les activités de vente, 36 800 € pour les services) doivent commencer à facturer la TVA dès le premier jour du mois de dépassement — et non à l’exercice suivant comme le croient beaucoup.

    Comment sécuriser sa gestion de la TVA

    • Paramétrer précisément les taux de TVA dans votre logiciel de facturation, produit par produit
    • Créer une procédure interne de validation des factures fournisseurs avant saisie comptable
    • Effectuer un rapprochement mensuel entre TVA collectée et chiffre d’affaires déclaré
    • Identifier et tracer systématiquement les achats intracommunautaires pour l’autoliquidation
    • Faire valider votre paramétrage TVA par votre expert-comptable au minimum une fois par an

    Votre gestion de la TVA est-elle vraiment sécurisée ?

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  • Comment lire son bilan comptable : le guide pratique pour les dirigeants

    Le bilan comptable est la photographie financière de votre entreprise à un instant donné. Savoir le lire vous permet de prendre des décisions éclairées, de négocier avec votre banquier et d’anticiper les difficultés avant qu’elles ne surgissent.

    Qu’est-ce qu’un bilan comptable ?

    Le bilan est l’un des trois états financiers fondamentaux produits lors de la clôture de l’exercice comptable, avec le compte de résultat et l’annexe. Il présente, à une date précise, l’ensemble des ressources dont dispose l’entreprise (le passif) et l’ensemble des emplois qui en sont faits (l’actif). Par définition comptable, actif = passif : le bilan est toujours équilibré.

    Ce document est obligatoire pour toutes les sociétés commerciales (SARL, SAS, SA, EURL…) ainsi que pour les entreprises individuelles relevant du régime réel. Les micro-entreprises en sont dispensées, mais peuvent choisir de l’établir pour un meilleur suivi de leur activité.

    La structure de l’actif : ce que possède l’entreprise

    L’actif se divise en deux grandes masses :

    • L’actif immobilisé : ce sont les biens durables utilisés pour l’activité — immeubles, matériel, véhicules, brevets, fonds de commerce. Ces éléments ne se consomment pas en un seul cycle d’exploitation. Ils sont amortis sur leur durée d’utilisation.
    • L’actif circulant : ce sont les éléments qui se renouvellent en permanence — stocks de marchandises, créances clients (ce que vos clients vous doivent), disponibilités (trésorerie en banque et en caisse).

    La différence entre actif brut et actif net est importante : les amortissements et provisions viennent minorer la valeur brute des actifs pour donner la valeur nette comptable, qui est celle retenue pour l’équilibre du bilan.

    La structure du passif : comment l’entreprise se finance

    Le passif recense les origines des financements :

    • Les capitaux propres : capital social, réserves, résultat de l’exercice. Ce sont des fonds appartenant aux associés. Un niveau de capitaux propres positif et en croissance est un signe de bonne santé.
    • Les dettes financières : emprunts bancaires à moyen et long terme. Elles représentent l’endettement structurel de l’entreprise.
    • Les dettes d’exploitation : dettes fournisseurs, dettes fiscales et sociales (TVA à payer, cotisations URSSAF…). Elles sont généralement à court terme.

    Les ratios clés à surveiller

    Au-delà de la lecture brute, c’est l’analyse des ratios qui révèle la réalité de votre situation :

    • Le fonds de roulement (FR) = Capitaux permanents − Actif immobilisé. S’il est positif, l’entreprise finance ses investissements avec des ressources longues : bonne stabilité.
    • Le besoin en fonds de roulement (BFR) = Actif circulant (hors trésorerie) − Dettes à court terme (hors concours bancaires). Il mesure le besoin de financement lié au cycle d’exploitation. Un BFR élevé signale souvent des délais de paiement clients trop longs.
    • La trésorerie nette = FR − BFR. Négatif = l’entreprise est dépendante de ses découverts bancaires.
    • Le taux d’endettement = Dettes financières / Capitaux propres. Au-delà de 100 %, la banque peut exiger des garanties supplémentaires.

    Bilan comptable et pilotage stratégique

    Un dirigeant averti ne se contente pas d’attendre le bilan annuel. Les situations comptables intermédiaires (trimestrielles ou semestrielles) permettent d’ajuster le cap en cours d’année. Chez EMEXPERTISE, nous produisons des tableaux de bord lisibles, traduits en indicateurs actionnables, pour que la comptabilité ne soit plus un exercice subi mais un véritable outil de management.

    N’hésitez pas à solliciter votre expert-comptable pour qu’il vous explique votre bilan ligne par ligne. Cette heure d’échange peut transformer votre rapport aux chiffres et votre capacité à anticiper.

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    Nos experts-comptables vous accompagnent dans la lecture et l’interprétation de vos bilans.

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